Des retrouvailles inatendues
L’histoire de ce film commence par des retrouvailles familiales loin d’être réjouissantes. Après la mort de leur père, trois frères et sœurs qui se sont éloignés au fil du temps se retrouvent dans leur ville natale. Leur objectif est simple : disperser les cendres de leur père dans un endroit qui lui était cher, au bord d’une rivière isolée. Mais ce qui devait être un moment de recueillement se transforme rapidement en véritable cauchemar.
Lorsque leur bateau tombe en panne, les trois protagonistes se retrouvent coincés au milieu de nulle part à des kilomètres de tout. C’est alors que la situation prend une tournure inquiétante. Depuis les bois qui bordent la rivière, une silhouette menaçante semble les observer. Très vite, les trois membres de cette famille comprennent qu’ils ne sont pas seuls et qu’un individu mystérieux les traque.
Pris au piège dans un environnement hostile, ils vont devoir mettre leurs différends de côté s’ils espèrent survivre à cette nuit. Mais face à une menace dont ils ignorent presque tout, une question demeure : comment échapper à un danger que l’on ne comprend pas vraiment ?
Un slasheur qui se démarque de tous les autres
À première vue, ce film pourrait sembler reprendre les ingrédients habituels du slasher : des protagonistes isolés, un tueur mystérieux et une lutte pour la survie. Pourtant, son cadre naturel et son approche de la menace lui permettent d’explorer une autre manière de faire monter la tension.
Là où de nombreux slashers choisissent de multiplier les personnages, les lieux et les affrontements, River concentre son intrigue autour d’un petit groupe de protagonistes pris au piège. La rivière devient alors bien plus qu’un simple décor : elle représente une véritable impasse. Impossible de rentrer facilement chez soi, difficile de trouver de l’aide et encore plus compliqué de savoir d’où viendra le prochain danger.
Cette situation permet également de jouer sur les relations entre les personnages. Les tensions familiales, déjà présentes avant l’apparition de la menace, viennent compliquer leur tentative de survie. Mais ce qui intrigue surtout, c’est la figure du tueur. On ne sait pas réellement ce qu’il veut, jusqu’où il est prêt à aller ni ce qui se cache derrière son apparence.
Ce qui se passe hors champ
Depuis toujours, le cinéma d’horreur utilise l’obscurité, les bruits inquiétants et les silhouettes aperçues au loin pour susciter la peur. Pourtant, cette approche semble parfois oubliée au profit d’une surenchère de violence, où chaque nouvelle mort doit être plus spectaculaire que la précédente.
Le problème, c’est qu’à force de montrer toujours davantage, certaines scènes finissent par perdre leur capacité à surprendre. Le spectateur s’habitue aux images les plus brutales et finit parfois par anticiper le prochain moment sanglant. À l’inverse, ne pas tout montrer peut être beaucoup plus efficace. Un bruit provenant des bois, une silhouette immobile sur la berge ou une présence aperçue quelques secondes avant de disparaître peuvent suffire à installer un profond malaise. Le cerveau se charge alors de compléter ce que l’image ne révèle pas, imaginant des possibilités parfois bien plus terrifiantes que ce que le réalisateur aurait pu montrer explicitement.
Dans un environnement comme celui de ce film, cette approche prend tout son sens. L'eau, les arbres, l'obscurité et l'éloignement de toute civilisation peuvent transformer le moindre détail en source d'angoisse. Chaque bruit devient suspect et chaque regard vers la rive peut faire naître la crainte d'y voir le tueur. Le tueur n'a même pas besoin d'être constamment à l'écran pour représenter une menace. Au contraire, son absence peut parfois devenir plus inquiétante que sa présence. Tant que le spectateur ignore où il se trouve, il reste impossible de relâcher complètement son attention.
C'est toute la différence entre montrer un danger et réussir à le faire ressentir. La violence peut provoquer un choc immédiat, mais l'anticipation, elle, peut maintenir la peur pendant plusieurs minutes. Et lorsqu'un film parvient à faire travailler notre imagination, il n'a pas nécessairement besoin d'accumuler les morts spectaculaires pour nous mettre mal à l'aise. Bien entendu, cela ne signifie pas que River renonce au sang ou aux scènes brutales. Le film reste un slasher et s'inscrit dans un genre qui possède ses propres codes.
Mais son cadre et sa menace mystérieuse lui offrent la possibilité de miser également sur l'atmosphère, le suspense et l'inconnu. Cela ne signifie pas non plus que le film va être parfait, mais au moins on ne sera pas sur un slasheur purement classique et cliché.
Une somme astronomique pour un film indépendant
Après sa première mondiale au Festival international du film de Toronto, en septembre 2026, "RIver" a suscité l'intérêt de plusieurs distributeurs. Finalement, Universal Pictures et Blumhouse ont acquis ses droits de distribution pour une somme annoncée à plus de 10 millions de dollars.
Un montant particulièrement notable pour un film indépendant. Cette acquisition témoigne de l'intérêt suscité par le projet et de la volonté des studios de miser sur le travail de Joshua Giuliano, qui signe ici son premier long-métrage en tant que scénariste et réalisateur. Le film est annoncé dans les salles américaines pour le 15 janvier 2027.
Reste désormais à découvrir si cette histoire de survie saura convaincre le public, River possède en tout cas un concept qui donne envie d'en découvrir davantage. Car finalement, la question n'est pas seulement de savoir combien de personnages survivront à cette nuit, mais aussi de comprendre ce qui rend cette menace si inquiétante.